vendredi 1 novembre 2013

Le gouvernement inquiet et vigilant, Manuel Valls en première ligne.

Par François-Xavier Bourmaud
Mis à jour le 01/11/2013 à 21:33
Publié le 01/11/2013 à 19:54
Samedi face aux manifestants, Manuel Valls sera seul en première ligne.
Samedi face aux manifestants, Manuel Valls sera seul en première ligne. Crédits photo : KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Si la manifestation devait dégénérer, c'est le ministre de l'intérieur qui se retrouverait en accusation.
 
Un climat d'exaspération fiscale, un cocktail hétéroclite de manifestants d'extrême gauche et d'extrême droite, un pouvoir affaibli, une toile de fond historique à forte valeur symbolique…
 Tout est réuni pour mettre en alerte le gouvernement sur le déroulement de la manifestation organisée samedi à Quimper.
 À tel point que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a même lancé, depuis Moscou, une mise en garde contre «la spirale de la violence».

Une semaine après les affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants sous un portique écotaxe en Bretagne, le gouvernement redoute de nouveaux débordements, encore plus durs.
 Officiellement, il s'agit toujours de demander le retrait définitif de l'écotaxe, dont Jean-Marc Ayrault a annoncé cette semaine la «suspension».
 En réalité, le mot d'ordre est déjà dépassé, tant les revendications diverses s'agglomèrent déjà autour de cette manifestation, au premier rang desquelles la défense de l'emploi en Bretagne, sur fond d'aggravation de la crise de l'agroalimentaire qui frappe durement la région.
C'est d'ailleurs tout le problème du gouvernement. Si la manifestation devait dégénérer et le mouvement prendre de l'ampleur, il ne resterait plus à Jean-Marc Ayrault qu'une seule carte à jouer: celle de l'abandon définitif de l'écotaxe.
 Or une telle décision ne manquerait pas de marquer la fin de sa capacité d'action à Matignon. Ce qui se joue aujourd'hui à Quimper, c'est aussi le peu de marges de manœuvre qui restent au gouvernement pour agir.
 D'où l'extrême vigilance portée au déroulement de la manifestation, notamment au ministère de l'Intérieur.
Car samedi face aux manifestants, Manuel Valls sera seul en première ligne. Si la manifestation devait dégénérer, c'est lui qui se retrouverait en accusation.

Pas de «soupape de sécurité»

Dès la semaine dernière, avant l'annonce de la suspension de l'écotaxe, le ministre de l'Intérieur avait reporté un déplacement prévu ce week-end en Israël et en Palestine. Une mesure de «vigilance» pour ne pas prendre le risque d'être absent de France en cas de débordements «violents».
 «Il y a une minorité de profils d'individus radicaux dont la capacité d'action peut être déterminante», reconnaît-on dans l'entourage de Manuel Valls.
 Où l'on compte sur le «très gros travail effectué en amont avec le préfet et la municipalité» pour contenir les risques.
«On a des retours nous disant qu'un certain nombre de groupes sont déjà sur place et ont l'intention de faire de cette manifestation quelque chose d'un peu plus violent qu'on ne pourrait malheureusement l'espérer.
 On nous a parlé de groupes anti-mariage pour tous, extrêmes, etc.», a confirmé sur Europe 1 la ministre de la Réforme de l'État, Marylise Lebranchu, elle-même originaire de la région.
D'ordinaire, ce type de rassemblement est organisé et encadré par les syndicats, ce qui permet de contenir les risques de débordement tout en laissant s'exprimer la colère des manifestants.
Ce qui inquiète aussi le gouvernement, c'est qu'à Quimper samedi, il n'y aura donc pas de «soupape de sécurité» syndicale.
 La CGT, Solidaires et la FSU se sont en effet désolidarisés du mot d'ordre lancé par le collectif «Vivre, décider, travailler en Bretagne».
 Ils ont convoqué leur propre manifestation à Carhaix, au motif que figuraient parmi les organisateurs des représentants du patronat, notamment au sein de l'association «Produit en Bretagne» qui réunit plus de 300 entreprises.
Une façon aussi de «dégonfler» la manifestation de Quimper en convoquant les salariés à Carhaix. Parallèlement, les appels au calme se sont aussi multipliés de la part des responsables politiques, mais pas seulement.

http://www.lefigaro.fr/politique/2013/11/01/01002-20131101ARTFIG00382-le-gouvernement-inquiet-et-vigilant-manuel-valls-en-premiere-ligne.php

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