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mardi 27 septembre 2016

Un commandant du Front Al-Nosra : «Les USA sont de notre côté et nous arment via des pays tiers»


© Capture d'écran de la video de Jürgen Todenhöfer
Un commandant d'Al-Nosra (Fatah al-Cham) a accordé une interview à un journal allemand, où il révèle que les Etats-Unis ainsi que d’autres pays soutiennent le groupe djihadiste en Syrie, confirmant ainsi ce que Moscou affirme depuis longtemps.
 
                                    
Armes «Made in USA»
          
«Oui, les Etats-Unis soutiennent l’opposition [en Syrie], mais pas directement.
Ils soutiennent les pays qui nous soutiennent.
Mais nous ne sommes pas encore satisfaits de ce soutien», a déclaré le commandant d’unité du Front Fatah al-Cham (anciennement Front Al-Nosra) Abou Al Ezz, dans une interview accordée au journal allemand Koelner Stadt-Anzeiger depuis la ville syrienne d’Alep.
Ce commandant a révélé que le groupe terroriste avait gagné des batailles grâce aux missiles antichars TOW de fabrication américaine qui ont été «donnés directement» à ses troupes. 
Grâce à ces missiles, «la situation dans plusieurs régions [syriennes] est sous contrôle», se félicite Abou Al Ezz.
Quant à l’armement lourd, il aurait été fourni via des pays tiers : «Nos chars et de nombreux lance-roquettes sont venus de Libye via la Turquie», confie-t-il.
 
 

 

Mais, à l'en croire, les Etats-Unis et d’autres pays aident les djihadistes en les fournissant non seulement en armes, mais aussi en personnel.
Quand le Front Al-Nosra a été assiégé, il y a eu «des officiers de Turquie, du Qatar, d’Arabie saoudite, d’Israël et des Etats-Unis ici…
Des experts en satellites, missiles, renseignement et caméras thermiques de sécurité».
Quand le journaliste lui a demandé si des instructeurs se trouvaient vraiment parmi les djihadistes, Abou Al Ezz a tout simplement répondu : «Les Américains sont de notre côté.»

 
 



«Nous lutterons contre la Russie et l’Occident»
 
Le commandant s’insurge aussi dans son interview que l’Occident ne les soutienne pas directement, alors qu’il y a dans leurs rangs de «nombreux combattants d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d’autres pays».
«Nous lutterons contre la Russie et l’Occident, parce que l’Occident n’est pas de notre côté. L’Occident ne nous envoie que des moudjahidines», a-t-il déploré.
Abou Al Ezz a déclaré également que les combattants du Front Al-Nosra «lutter[aient] jusqu’à la chute du régime», tout en reconnaissant que la lutte était «difficile», à cause de la force du pouvoir en place et du soutien russe dont il bénéficie.
 
Les Al Saoud aux finances

Si les Etats-Unis assument l’armement du Front Al-Nosra, l’Arabie saoudite s’occupe quant à elle du financement du groupe, si l’on croit le commandant qui affirme que le groupe terroriste est payé pour atteindre des buts militaires lors du conflit syrien.
«Nous avons reçu 500 millions de livres syriennes (plus de deux millions d’euros) de l’Arabie saoudite. Pour s'emparer de l’Ecole d’infanterie d'Al Muslimiya il y a quelques années, nous avons reçu 1,5 million de dinars koweïtiens (soit environ 450 000 euros) et cinq millions de dollars de l’Arabies saoudite (presque 4,5 millions d’euros)», a révélé le commandant, ajoutant que cet argent venait des gouvernements de ces Etats et non de donateurs privés.


 
Au-dela des Etats-Unis, l’Occident dans son ensemble contribue à aider le Front Al-Nosra, selon Abou Al Ezz. Des pays européens auraient «ouvert la voie» aux nombreux djihadistes qui viennent en Syrie depuis l'étranger, explique-t-il.
 
Pour le Front Al-Nosra, le cessez-le-feu est une chance pour «se préparer à de nouvelles attaques»
          
Dans cette interview, le commandant ne fait ainsi que confirmer les déclarations de Moscou et de Damas, selon qui les combattants de ce groupe utilisent le cessez-le-feu conclu par la Russie et les Etats-Unis le 9 septembre pour préparer une nouvelle offensive.
«Nous ne reconnaissons pas le cessez-le-feu. Nous regrouperons nos troupes. Nous mènerons une nouvelle attaque écrasante contre le régime dans les jours à venir. Nous avons regroupé nos forces dans toutes les provinces, notamment à Homs, Alep, Idlib et Hama», a ainsi expliqué le commandant.
 
Le Front Al-Nosra rejette tout gouvernement de transition

Le Front Al-Nosra est opposé à l’idée d’un gouvernement de transition en Syrie, selon le djihadiste : «Nous n’acceptons personne du régime d’Assad ou de l’Armée syrienne libre qualifiée de modérée. Nous avons pour but de renverser le régime et établir un Etat islamique, conformément à la charia.»
 
«Daesh est utilisé dans les intérêts des Etats-Unis»

Quant aux affiliations du groupe, le commandant a ouvertement confirmé que le Front Al-Nosra faisait partie d’Al-Qaïda et ne regardait pas Daesh d'un très bon œil.
 «Nous étions dans un groupe avec Daesh. Mais Daesh est utilisé dans les intérêts et buts politiques de grandes puissances telles que les Etats-Unis, et ce groupe s’est éloigné de nos principes. La plupart des leaders de Daesh travaillent avec des services de renseignement, c’est clair pour nous. Nous, le Front Al-Nosra, avons notre propre voie», a confié Abou Al Ezz.
 
 
L’interview de ce commandant du Front Al-Nosra a été réalisée dans une carrière de pierre à Alep, le 17 septembre, par le journaliste allemand Jurgen Todenhofer.
 
«Ce n’est pas nous», répond le Département d’Etat
 
Le gouvernement américain a catégoriquement démenti avoir fourni de l’aide au Front Al-Nosra en admettant malgré tout que des alliés des Etats-Unis dans la région ont pu armer les combattants.
«C’est des conneries !», a déclaré le porte-parole du Département d’Etat Mark Toner en commentant l’interview du commandant djihadiste lors d’une conférence de presse.
«Peu importe ce qu’il dit, c’est non», a-t-il tranché.

 


 
«Nous n’avons jamais fourni aucune sorte d’aide au Front Al-Nosra», a assuré Mark Toner en rappelant que le groupe armé est classé parmi les organisations terroristes. Il a ajouté que si le gouvernement syrien continue son offensive sur Alep, certains pays, mais «pas les Etats-Unis», qui soutiennent différents groupes d’opposition en Syrie «pourraient chercher à les armer», et cela provoquera une escalade.
Quand la correspondante de RT Gayané Tchitchikyan a demandé à Mark Toner de préciser si des alliés des Etats-Unis pouvaient armer le Front Al-Nosra, Mark Toner a répondu de manière évasive que «des pays qui soutiennent l’opposition peuvent leur fournir de l’assistance».

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