vendredi 10 novembre 2017

Entre Hulot et les écolos : un réalisme qui ne passe pas !

 
 


Le 10/11/2017


Au royaume de l’utopie, il ne fait pas bon tenir des propos réalistes.

Notre nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire en fait l’amère expérience et doit se mordre les doigts d’avoir accepté un poste qu’il avait jusqu’ici refusé.
Car s’il est un domaine où prospèrent les projets aussi mirobolants qu’improbables, c’est bien le sien !
Voilà donc Hulot cloué au pilori par ses anciens amis, écolos et socialistes réunis.
Son crime ?
Avoir déclaré, le 7 novembre, qu’il serait « difficile » de tenir l’objectif de réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2025.
Objectif inscrit dans la loi de transition énergétique portée sur les fonts baptismaux en 2015 par une Ségolène Royal en lévitation.
« Je préfère le réalisme et la sincérité à la mystification », a dit Hulot.
Crime de lèse-écologie, tonne le socialiste Luc Carvounas : « Franchement, utiliser les éléments de langage en parlant d’insincérité des mesures annoncées dans la précédente loi sur la transition énergétique portée par Ségolène Royal, en disant que c’était impossible, inatteignable et qu’on n’a pas dit la vérité… Mais il se moque de qui, Nicolas Hulot ? »
Eh bien, justement, je pense que, pour une fois, on ne se moque de personne car cette mesure mirobolante, elle, était purement démagogique. 
« Le politicien Nicolas Hulot a cédé aux lobbies », hurle Carvounas, qui ajoute : « S’il arrive à se regarder dans le miroir et à renier ce qu’il a été, comme d’ailleurs beaucoup de membres du gouvernement d’Édouard Philippe… Le reniement de ce qu’on a été est un peu la marque de fabrique de la “Macronie”. »

Voilà pour la politique.
Voyons maintenant ce qu’il en est de l’électricité et des lobbies, c’est-à-dire lobby nucléaire contre lobby solaire/éolien.

À l’appui de Nicolas Hulot, le dernier rapport de Capgemini pointe une vérité que les tenants des énergies « vertes » se gardent bien d’aborder : « Le solaire et l’éolien sont des énergies intermittentes et aléatoires. Les États doivent donc prévoir des énergies de complément pour assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité. »

Concrètement, « ces charges supplémentaires, ou “coûts de réseau”, devraient être prises en compte dans le prix du solaire et de l’éolien. Il devrait être majoré d’environ 30 % pour éviter une distorsion de concurrence défavorable aux autres énergies. »
Plus largement, comme le soulignait ce jeudi François Lenglet sur RTL, « bon nombre d’experts disent depuis longtemps qu’on ne peut pas baisser autant le nucléaire sans augmenter l’utilisation des centrales thermiques, au gaz et au pétrole, et sans prolonger les centrales à charbon. Ce serait un comble, puisque parallèlement la France s’est engagée à diminuer ses émissions de gaz carbonique (CO2) pour limiter le réchauffement. »
C’est la solution qu’a trouvée l’Allemagne, qui « a investi plusieurs centaines de milliards d’euros dans la production de renouvelables pour atteindre 20 %, mais a maintenu quasiment intégralement ses centrales à charbon (ultra-polluantes), au gaz et au pétrole, qui font plus de 40 % de l’électricité ».

Bref, pour nous sauver d’un hypothétique Fukushima, l’Allemagne de Mme Merkel nous tue sûrement avec ses fumées.

Reprenant les propos de Capgemini, Lenglet poursuit : « Et cela va durer, parce qu’on ne peut s’en remettre totalement à la production d’énergie qu’on appelle fatale », car comment fait-on quand il n’y a ni vent ni soleil ?

 La preuve : « Au Danemark, où la part de renouvelable est encore supérieure à celle de l’Allemagne, ce sont les barrages hydrauliques norvégiens et suédois qui fournissent l’énergie d’appoint. »

Bref, la question reste inchangée : que fait-on, entre la peste des centrales nucléaires vieillissantes et le choléra des centrales à gaz ou à charbon ?

On attend la réponse de monsieur Hulot…

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