vendredi 10 novembre 2017

Le père d’un soldat tué par Merah : “Le vivre-ensemble : un concept que j’ai toujours trouvé con !”

  
 
Albert Chennouf-Meyer. Son fils est l'un des militaires tués par Mohamed Merah. Photo © DR
 

Interview. Très critique vis-à-vis de l’islam, le père d’Abel, jeune militaire de 25 ans tué à Montauban par Mohamed Merah, en mars 2012, refuse le cirque médiatique de la bien-pensance et juge sévèrement l’action de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un soldat musulman tué par Merah, adulée par la presse.
 
Vous avez perdu votre fils, Abel, le 15 mars 2012, lors des attentats de Montauban et de Toulouse, et pourtant on ne vous a pas beaucoup entendu dans les médias pendant le procès d’Abdelkader Merah. La presse vous éviterait-elle ?
 
Je suis carrément blacklisté !
On m’a classé parmi les “fachos”.
Ça ne date pas du procès, hélas !
En décembre 2013, je participais à une manifestation à Créteil en soutien à un couple violemment agressé par trois hommes en raison de son origine juive.
Sur place, je suis interviewé par un journaliste de France 2 et j’utilise le terme ‘nazislamistes’ pour désigner ces criminels.
Le reporter me demande de reformuler mes propos, sous prétexte que cette expression est, je cite, “trop clivante” et que “j’allais mettre de l’huile sur le feu” !
J’ai refusé.
L’interview n’a pas été diffusée.
Mais il n’y a pas que les médias qui m’ont critiqué pour mon langage.
Les politiques, la plupart de gauche, s’y sont mis aussi.
Alexis Bachelay, alors député PS des Hauts-de-Seine, m’a traité de “minable avec des méthodes de facho !”.
Bruno Le Roux, éphémère ministre de l’Intérieur, m’a également fait la leçon en me disant que “j’étais toujours dans l’excès”.
 
Il faut dire que les politiques ont très tôt tenté de me ‘vendre’ un concept : le “vivre-ensemble” !
Un concept, excusez-moi du mot, que j’ai toujours trouvé con et que je condamne, car il est impossible de vivre avec les islamistes.
Pour me faire rentrer dans le rang, on m’a expressément demandé de me comporter comme Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Ihmad, ce jeune soldat musulman, tué par Mohamed Merah…
C’est le modèle à suivre !
Moi, c’est vrai, je ne suis pas ‘tendance’.
 
Justement, vous n’avez pas le même discours qu’elle, ni d’ailleurs la même notoriété… Vous ne donnez pas de conférences, ne faites pas le tour des écoles. Que reprochez-vous à Latifa Ibn Ziaten ?
 
Presque dès ma première rencontre avec Latifa Ibn Ziaten, celle-ci a voulu que je copréside avec elle une association destinée à la jeunesse.
J’ai refusé.
Ce n’était pas mon travail mais celui de la France.
Deux mois après les attentats, elle a souhaité quitter ses avocats pour être défendue par mes conseils. J’ai accepté de les lui présenter.
Nous nous entendions assez bien.
Puis, j’ai vite vu son attitude changer.
En mai 2012, j’avais déposé plainte contre l’Etat…
Elle m’a alors dit : “Albert, je ne peux pas te suivre sur ce coup-là. Bernard Squarcini [alors directeur de la DST] est marocain de naissance.
Et Sarkozy, c’est l’ami de Mohamed VI.
Je ne veux pas de problème avec mon pays d’origine.”
 
J’ose le dire : les politiques et les médias ont tout fait pour aider Latifa Ibn Ziaten, quitte à faire taire les autres familles, afin de promouvoir un discours ‘de tolérance’.
Désolé de ne pas être politiquement correct, mais quand on rentre dans une école avec un voile, au mépris des lois de la République, ce n’est pas de la tolérance !
 
Quand, du matin au soir, vous dites : “Ce n’est pas ça l’islam” alors que Merah a tué au nom de l’islam en criant “Allahou Akbar”, je ne suis pas d’accord avec cette vision de la tolérance.
 
Vos différences avec elle ne s’arrêtent pas à votre vision de l’islam. Il y a aussi ses activités que vous critiquez vertement…
 
Latifa m’avait averti : “Albert, tu sors du cadre !”
On n’est pas pareils.
J’ai quelques exemples en tête.
Invitée par Israël, elle s’est précipitée à Ramallah pour se recueillir sur la tombe de Yasser Arafat, qui pour moi demeurera toujours un assassin. Israël, j’y suis allé en voyage privé, sur mes deniers personnels, notamment pour me recueillir sur la tombe des enfants Sandler, à Jérusalem…

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