jeudi 9 novembre 2017

Lettre ouverte d’Alain Marsaud à Emmanuel Macron



 

 Date : Paris, le 7 novembre 2017
 
Objet : Retour des hommes et femmes partis faire la guerre au Moyen Orient
 
 
Monsieur le Président de la République,

Dans quelques jours nous allons commémorer en votre présence, les assassinats commis à Paris le 13 novembre 2015 revendiqués par l’Etat Islamique, causant la mort de 130 personnes, en blessant plusieurs centaines.
Chacune et chacun d’entre nous aura à cœur de se recueillir et de partager la détresse de celles et ceux qui porteront à jamais la mémoire de ces attentats.
Or un débat vient d’être mis sur la place publique au cours des derniers jours qui concerne le retour sur le territoire national des hommes et femmes partis faire la guerre au Moyen Orient et reviennent en France ou aspirent au retour, car tout simplement l’Etat Islamique va être vaincu et ils privilégient leur sauvegarde, voire leur survie.
Quelques belles âmes à la générosité irresponsable proposent le pardon, ce que n’osaient imaginer ces djihadistes qui se verraient bien comparaître devant la justice à condition qu’elle ne soit pas trop sévère.
Puis, le débat se complique concernant le rôle des femmes, le sort qui doit leur être réservé et le devenir des enfants plus ou moins légitimes, plus ou moins français, à la nationalité indéterminée d’ailleurs compte tenu des paternités multiples constatées, subies ou déclarées par les mères.
Doit-on dès lors avoir la mémoire trop courte et pêcher encore une fois comme ce fut le cas par le passé par une extrême naïveté.
Ces femmes et ces hommes sont partis librement sans contrainte autre que leur engagement dans un processus de guerre menée contre leur Nation.
Ils ont choisi de rejoindre le camp de l’ennemi et ont parfois agi ou encouragé les pires cruautés.
Le pardon de la Nation et de ses responsables doit avoir ses limites. On ne peut oublier les crimes commis sur notre territoire en particulier le 13 novembre 2015, mais aussi que ces djihadistes n’ont pas hésité à affronter nos forces spéciales sur les zones de guerre.
D’autre part, ils sont ou seront prisonniers de forces militaires d’Etats souverains y compris en Syrie et quoiqu’en pensent certains de nos responsables politiques, seuls ces Etats ont compétence pour juger ces crimes ou exactions diverses commis sur leur territoire.

Monsieur le Président de la République vous êtes face à cette responsabilité historique, justement parce vous êtes notre Président, vous ne sauriez assumer et prendre le risque que ces femmes et ces hommes s’engagent dans un nouveau processus violent.
Nous savons que la surveillance dont ils seraient éventuellement l’objet n’empêchera pas ces activistes déterminés à assassiner à nouveau.

Ainsi, Monsieur le Président, pour la protection de nos concitoyens, mais aussi pour marquer votre détermination à lutter contre la plus grande menace de ce début de siècle, empêchez par tous les moyens le retour des assassins et de leurs comparses.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de mon profond respect.

Alain Marsaud
 

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