jeudi 4 janvier 2018

Bientôt la fin de Gobee Bike à Reims?

 
 
Pour mettre en avant son produit phare, Gobee Bike dit avoir misé sur sa «
robustesse
», afin d’éviter les dégradations. Cela n’a apparemment pas suffi à Reims... 

Pour mettre en avant son produit phare, Gobee Bike dit avoir misé sur sa « robustesse », afin d’éviter les dégradations. Cela n’a apparemment pas suffi à Reims... - Archives Remi Wafflart
Par Guillaume Lévy |  
 
 
Selles disparues, rayons tordus, antivols arrachés, GPS cassés, paniers dérobés, bécanes jetées dans le canal, incendiées, vendues sur le Bon Coin, suspendues à des panneaux, posées sur des abribus, etc. La nature des incivilités subies par les nouveaux vélos vert pomme accessibles à tous est sans fin.
Et les chiffres communiqués hier soir sont à peine croyables.
               
Selon l’entourage du maire, presque toute la flotte de vélos mis en circulation début novembre a été vandalisée.
Soit environ 380 des 400 vélos à la couleur flashy facilement repérable.
Tellement repérable d’ailleurs, que si leur apparition, le 6 novembre, avait fait sensation, leur disparition, quelques semaines plus tard, a tout autant sauté aux yeux !
Et que depuis mi-décembre, plus d’un Rémois s’est interrogé sur ce désert de Gobee.

La société franco-hongkongaise cultivant une communication très discrète, voire secrète, il était jusqu’ici difficile d’en savoir plus.
Même l’agence parisienne chargée de la communication de Gobee Bike faisait savoir, hier encore, qu’elle était « sans réponse » de la start-up.
Celle-ci ne veut en effet pas s’exprimer avant d’avoir pris une décision lourde de conséquences : soit remettre rapidement sur pied une flotte de vélos en état de marche (ce qui a un prix), soit se désengager de Reims (ce qui serait désastreux en termes d’image).
La mairie, tout en reconnaissant le statut de victime de l’entreprise, attend toutefois une décision claire de sa part.
Claire et... rapide, puisqu’elle veut une réponse d’ici lundi.

80 plaintes déposées

En attendant, la collectivité n’en revient pas de la rapidité avec laquelle les Gobee bike ont été saccagés.
« La quasi-totalité de la flotte est aujourd’hui à l’arrêt ou en réparation. À ce niveau, on est face à un phénomène de vandalisme organisé », fait-on savoir.
Selon certaines sources, des « petits malins » auraient trouvé le moyen de contourner le système de sécurité des vélos et l’auraient transmis sur les réseaux sociaux.
Mais cela n’explique sans doute pas tout.
De son côté, la société a déposé 80 plaintes, dès lors qu’elle avait un indice sur l’auteur des faits.
Deux phénomènes surprennent particulièrement nos interlocuteurs.
D’une part la cadence infernale des détériorations : alors que le manager France de Gobee bike indiquait que « les dégradations se comptent sur les doigts d’une main », plus de 300 bicyclettes ont été cassées dans les trois semaines qui ont suivi.
D’autre part la concomitance de ces faits avec ceux constatés à Lille : Gobee Bike, qui s’y était implantée un mois avant Reims, y a rencontré une situation assez similaire.
               
Si cette délinquance n’étonne pas tellement les forces de l’ordre, elle pose désormais question sur les choix, et donc l’offre, à venir en 2018.
Rappelant que Reims et le Grand Reims ne versent « pas un euro » dans ces vélos, et que trois autres sociétés sont intéressées pour s’installer dans la cité des Sacres, la collectivité indique que le « Vélib’ » rémois aura bien un avenir.
Vert pomme ou d’une autre couleur.

« Le succès des premières semaines montre qu’il y a une place et des clients pour ça. Si Gobee Bike reste, tant mieux. Sinon, la collectivité fera tout pour en attirer un autre. »
 
Les policiers spécialisés dans le gardiennage de vélos

La multiplication des vols et dégradations touchant les vélos verts n’a pas surpris au commissariat de Reims, bien au contraire.
« Des vélos en libre-service, partout dans la ville…On s’y attendait », confie un policier.
Plusieurs voleurs, mineurs pour la plupart, ont déjà été arrêtés depuis la mise en service des bicyclettes.

« À un moment, nous nous étions spécialisés dans le gardiennage de vélos Goobee bike », sourit le policier.

« Nous en avions une quinzaine dans la cour du commissariat, sagement alignés comme dans un parc à vélos. Un responsable de la société est venu les récupérer. »
                   
Fabrice Curlier

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