mercredi 10 janvier 2018

Construction ou pas de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes : quel projet pour la ZAD ?

 
 


Le 10/01/2018


C’est Jupiter qui tranchera. Tout le monde le sait.
 
Notre-Dame-des-Landes : le Premier ministre prendra « sa » décision avant la fin du mois de janvier. En attendant, il consulte, ou fait semblant.
En réalité, c’est Jupiter qui tranchera.
Tout le monde le sait. D’ailleurs, « il a déjà tranché », murmurent les spécialistes de la « petite fuite proche du gouvernement ».
Les médias en masse reprennent en chœur : Macron s’apprête à abandonner Notre-Dame-des-Landes au profit d’une extension de l’aéroport existant.
Mais attention car, olympienne condition, juré croix de bois croix de fer, la ZAD devra être évacuée quelle que soit la décision.
Emmanuel Macron, lors de sa campagne, s’était prononcé pour la réalisation du nouvel aéroport.
Il avait fustigé les zadistes, condamné les atteintes à l’ordre républicain et appelé à la défense des territoires.
Au lendemain de son élection, il avait nommé une commission d’experts, moyen habituel des enterrements discrets.
La commission avait rendu en grande pompe, au Premier Ministre, des conclusions apparemment équilibrées en ressuscitant l’option de l’extension de l’aéroport existant.
Les coûts étaient comparables, compte tenu des fortes indemnités qui seraient dues au concessionnaire.
Bref, tout semblait prêt pour la décision finale.
Et, pourtant, la rumeur persiste et s’amplifie : le nouvel aéroport ne verra pas le jour.
Au diable, donc, l’avis quasi général des élus locaux, les 178 décisions de justice toutes favorables au projet et le référendum local l’ayant approuvé à 55 %.
Quelle que soit l’option choisie, la ZAD sera dégagée.
C’est promis.
Mais qui croit encore sérieusement que l’abandon du projet suffira, seul, à garantir cet engagement ?
La situation engendrée depuis plusieurs décennies sur place par des groupes d’extrême gauche anarchisants et ultra-violents n’est pas seulement illégale, elle est contraire à toute l’autorité de la République.
Il est évident que les zadistes sont décidés à rester.
Leur opposition ne concerne pas seulement l’aéroport.
Il s’agit, pour eux, d’une contestation plus vaste : celle de la société tout entière.
Ils voient là, depuis plusieurs décennies, le champ d’expérimentation d’une société alternative.
Ils livrent un vrai combat idéologique.
Ils se sont installés parfois sur deux générations.
Hors la loi et décidés à y rester.
Ils sont violents, armés, entraînés même.
Bref, quelle que soit l’option retenue, l’évacuation sera extrêmement périlleuse, et difficile la protection ultérieure des lieux.
Le gouvernement, sa décision prise, sera ferme. Il l’affirme.
Il est cependant permis d’en douter dans le cas où Notre-Dame-des-Landes ne serait pas construit.
Le gouvernement ne veut pas donner à l’opinion l’impression d’avoir cédé aux zadistes.
Il a raison.
Mais il sera tenté de négocier avec eux par le maintien de petites activités associatives savamment concertées, de projets d’éducation populaire ou de toutes sortes d’expérimentations sociétales, agricoles, écologiques plus ou moins contrôlées.
La République y perdrait encore de son autorité.
Le Président aurait donc pris sa décision.
À moins que… à moins que Machiavel n’ait tenté le prince !
Pour créer la surprise ! Après tout…
Le gouvernement ne maintient-il pas, droit dans nos yeux, qu’il n’a pas encore pris sa décision. Organiser soi-même les fuites pour mieux surprendre est d’une pratique assez classique, surtout dans la difficile communication qui s’annonce.
Il n’est pas impossible que le Président, qui semble vouloir tenir les promesses du candidat, veuille conforter sa réputation d’autorité personnelle par un gros coup qui déjouerait tous les pronostics…
À voir fin janvier.
À Nantes, pendant ce temps, le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest attend.
Atmosphère fantomatique !
Christelle Morançais a succédé au sénateur Retailleau, qui n’a rien pu faire de sa présidence.
Le hasard de mon mandat de conseiller régional de Bretagne me conduit à y siéger depuis deux ans. J’observe l’état d’esprit désabusé de la cinquantaine de collègues que j’y côtoie …

On vient de voter les orientations budgétaires…

Pauvre bateau à la dérive.

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